Un ancien collègue vous propose une mission. Vous avez les compétences, un tarif en tête et l’envie de vous lancer. Mais faut-il créer immédiatement une SASU, ouvrir un compte professionnel et chercher un comptable pour envoyer une seule facture ?
Aujourd’hui, une entreprise sur quatre ferme ses portes après trois ans. S’assurer de la viabilité du projet devient alors essentiel. Plusieurs options permettent de tester légalement une activité avant de créer une société.
Avant d’aller plus loin, il est important de comprendre les particularités de ces notions. Travailler sans société ou sans entreprise personnelle consiste à réaliser les missions en tant que freelance. De nombreuses structures accompagnent les entrepreneurs dans cette optique. En revanche, travailler sans aucun cadre déclaré équivaut à un travail au noir.
Portage, couveuse, coopérative ou micro-entreprises, ces cadres permettent à l’entrepreneur de signer un contrat, envoyer des factures et déclarer son activité. Évaluer les avantages et les limites de chaque formule affine le choix. La décision dépend aussi du projet et de la situation personnelle de chacun.
Peut-on réellement devenir freelance sans créer de société ?
Société et entreprise individuelle : quelle différence ?
Une SASU (Société par actions simplifiée unipersonnelle) ou une EURL (Entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée), possède une personnalité juridique distincte de son dirigeant.
À l’inverse, la micro-entreprise constitue un régime simplifié de l’entreprise individuelle. Elle permet donc de travailler sans créer de société, mais requiert la création et la déclaration d’une activité personnelle.
Peut-on facturer sans avoir sa propre entreprise ?
La réponse évolue selon la situation. On peut facturer sans créer sa propre entreprise lorsqu’une structure autorisée porte ou héberge l’activité. En revanche, une facture envoyée sans entreprise ni dispositif contractuel adapté n’est pas valable.
Trois types de structures accompagnent les entrepreneurs : la société de portage, la couveuse d’entreprise et la coopérative d’activité et d’emploi.
Une société de portage porte l’activité de l’entrepreneur. Tipi Portage gère le volet administratif et financier tandis que le porté cherche des clients et effectue les missions.
Une couveuse d’entreprise accompagne le porteur de projet. Le Contrat d’appui au projet d’entreprise (Cape) dure un an et renouvelable deux fois.
La Coopérative d’activité et d’emploi est similaire à une couveuse. Elle se distingue par son approche sociale et solidaire en mutualisant les ressources et les services.
Pourquoi tester avant de créer une société ?
Tester avant de créer une société répond à plusieurs objectifs :
- Vérifier l’existence d’une demande ;
La loi de l’offre et de la demande régit le marché. Sans une demande intéressante, la viabilité d’une entreprise sera inférieure à 6 mois.
- tester son positionnement ;
À moins d’une innovation majeure, plusieurs concurrents proposent déjà le produit ou le service. Un bon positionnement facilite la compréhension de l’offre et renforce l’attractivité de l’entreprise.
- confronter son prix au marché ;
Le prix figure parmi les points comparés par les clients. Ils se posent des questions si les écarts sont importants.
- mesurer le temps réel nécessaire ;
Mesurer le temps nécessaire à la réalisation d’une mission affine la fixation du prix et optimise l’organisation.
- comprendre les attentes des clients ;
Un échange constructif ou le retour des clients permet de mieux comprendre leurs attentes et d’ajuster son offre.
- vérifier que l’activité est rentable ;
La rentabilité est essentielle. Une activité non rentable augmente le stress et engendre des dettes. Le test détermine si des solutions existent pour corriger le tir.
- évaluer son aptitude à prospecter et à négocier ;
Les capacités de prospection et de négociation influencent le succès. La meilleure offre reste inutile sans clients.
- déterminer si l’activité restera complémentaire ou principale.
Une activité complémentaire prend moins de temps. Une activité principale requiert plus d’efforts. Bien entendu, la situation peut évoluer.
Que faut-il valider avant de choisir un statut ?
Le volet administratif constitue seulement une partie de l’entrepreneuriat. Prendre le temps de bien formuler le projet facilite la prospection et le choix d’un statut approprié.
L’existence d’un problème client clairement identifié
Proposer une solution efficace à un problème bien identifié est une première étape :
- le problème résolu : visibilité insuffisante, qualité insatisfaisante…
- le profil du client : petite entreprise, associations, collectivités, restaurants…
- le résultat promis : une meilleure réputation, plus de clients, atteinte les objectifs…
- le contexte dans lequel le besoin apparaît : la période, situation vécue par les cibles…
Exemple :
« J’aide les petites entreprises à améliorer leur présence en ligne » reste trop vague.
Préférer :
« J’aide les restaurants indépendants à obtenir davantage de réservations locales grâce à leur fiche Google et à leur référencement local. »
La capacité du marché à payer
Cette étape évalue le pouvoir d’achat des clients et leur propension à dépenser :
- le prix des concurrents ;
Analyser le prix des concurrents affine le positionnement et montre si le tarif escompté est réaliste ou non.
- le budget habituel des clients ;
Connaître le budget habituel offre une marge de négociation et indique si des promotions sont possibles.
- le caractère urgent du besoin ;
Un besoin urgent requiert une solution rapide, les clients ne regarderaient pas à la dépense.
- la fréquence des missions ;
La fréquence des missions guide l’adaptation des prix. La rareté pénalise la viabilité, à moins qu’il s’agisse d’une mission à très gros budget.
- le coût d’acquisition d’un client ;
Le coût d’acquisition détermine la marge réalisée sur chaque client.
- Le temps nécessaire pour réaliser la prestation.
Taux horaire ou forfaitaire, évaluer le temps nécessaire affine le tarif.
La rentabilité du tarif envisagé
Tenir compte de ces éléments prévient la sous-tarification et améliore l’estimation de la rentabilité :
- temps de production ;
- prospection : les nouvelles technologies accélèrent la prospection, mais il faut parfois aller sur le terrain et rencontrer les clients ;
- réunions : à distance ou présentielles, inclure les réunions dans le temps de travail est essentiel ;
- corrections ;
- outils : certaines missions nécessitent l’acquisition d’outils spécifiques ;
- déplacements : moyens de locomotion, fréquence et durée du trajet ;
- frais administratifs ;
- congés non facturés ;
- périodes sans mission.
La capacité à trouver des clients
La capacité à trouver des clients est aussi importante que les compétences techniques et humaines. Même si certaines structures favorisent les rencontres, la réussite de la prospection dépend du freelance.
Il doit être capable de :
- définir son offre en soulignant ses points forts ;
- trouver des prospects en combinant les canaux ;
- présenter son expertise de façon convaincante ;
- négocier ses tarifs en tenant compte de tous les frais ;
- obtenir un accord et signer un contrat si possible ;
- entretenir la relation commerciale.
Solution 1 : utiliser le portage entrepreneurial
Comment fonctionne le portage entrepreneurial ?
L’entrepreneur signe un contrat de mandat avec une société de portage.
Les principaux points du portage entrepreneurial :
- le freelance cherche ses clients ;
- il négocie ses missions ;
- il signe le cadre contractuel prévu ;
- la structure de portage prend en charge une partie de la gestion ;
- elle facture et encaisse les prestations ;
- le chiffre d’affaires est transformé en rémunération après les différents prélèvements.
Pour quels profils cette solution est-elle adaptée ?
Le portage entrepreneurial convient à plusieurs types de profil :
- consultant qui possède déjà un premier client ;
- salarié souhaitant tester une activité complémentaire ;
- retraité qui réalise quelques missions ;
- freelance qui ne souhaite pas gérer sa comptabilité ;
- prestataire dont les revenus sont irréguliers ;
- professionnel travaillant avec des entreprises ou des particuliers.
Les avantages
Ce statut garantit de nombreux avantages :
- absence de création immédiate d’une société ;
- démarrage relativement rapide : l’entrepreneur commence 48 heures après la signature du contrat ;
- gestion administrative déléguée : la société de portage gère le volet administratif et financier ;
- facturation réalisée par la structure : le porteur envoie les factures et assure le recouvrement ;
- possibilité de tester plusieurs missions : libéré des tâches administratives, le freelance se focalise sur le développement de son offre ;
- prise en compte possible d’une partie des frais professionnels : certains frais de mission sont refacturables au client. Ils sont déduits du chiffre d’affaires avant le calcul des charges et de l’impôt ;
- accompagnement administratif : en plus de la gestion, les précieux conseils du porteur constituent un énorme plus.
Les limites
Comprendre les limites permet de prendre la bonne décision :
- frais de gestion : les frais de gestion varient de 5 à 15% du chiffre d’affaires ;
- cotisations et prélèvements sur le chiffre d’affaires : les charges sociales et l’impôt sur le revenu sont également prélevés ;
- revenu net inférieur au montant facturé ;
- nécessité de trouver soi-même ses clients ;
- activités éventuellement exclues : négoce, gestion de stocks. Les activités réglementées nécessitent une vérification.
- droits sociaux et contractuels à vérifier précisément : le freelance ne cotise pas pour l’assurance chômage. Il verse une cotisation retraite, bénéficie de l’Assurance maladie et de la complémentaire santé collective.
- dépendance envers les conditions de la structure choisie.
Solution 2 : créer une micro-entreprise
Pourquoi la micro-entreprise reste une solution de test
Lancé en 2008, le régime de micro-entreprise convient à ceux qui souhaitent tester la viabilité de leur projet avant de sauter le pas :
- des formalités de création allégées : il suffit de s’inscrire sur le guichet unique de l’INPI (Institut national de la propriété industrielle). La procédure prend quelques minutes, sans apport de capital ni la nécessité de rédiger un statut ;
- une comptabilité simplifiée : seul le livre de recettes est obligatoire ;
- des cotisations calculées en fonction du chiffre d’affaires : l’absence de montants fixes offre plus de souplesse ;
- la possibilité de commencer avec une activité limitée.
Le micro-entrepreneur doit néanmoins déclarer son chiffre d’affaires, établir des factures et respecter les obligations applicables à son activité.
Les avantages
Le régime de micro-entreprise garantit quelques avantages :
- autonomie complète : le micro-entrepreneur est le seul maître à bord, il organise son planning en fonction de ses objectifs ;
- création simplifiée : l’inscription s’effectue en ligne, les justificatifs demandés sont faciles à réunir ;
- contrôle direct de la facturation : l’entrepreneur procède à la facturation, son engagement prévient les erreurs ;
- coût limité lorsqu’aucun chiffre d’affaires n’est encaissé : les cotisations et les charges sont corrélées au chiffre d’affaires ;
- solution adaptée aux prestations avec peu de charges ;
- possibilité de développer progressivement son activité.
Les limites
Ces limites réduisent la marge de manœuvre :
- démarches réalisées personnellement ;
- absence d’accompagnement automatique ;
- responsabilité de la facturation et des déclarations : le risque d’erreur augmente si le micro-entrepreneur ne maîtrise pas ces démarches ;
- charges réelles non déductibles dans le régime micro ;
- plafonds de chiffre d’affaires : la micro-entreprise devient une société à part entière si elle dépasse le plafond deux années de suite ;
- protection sociale d’un travailleur indépendant : les indemnités journalières en cas de maladie sont calculées en fonction du revenu. L’absence de chômage légale complique la situation en cas de souci.
En 2026, le plafond annuel du régime micro pour les prestations de services est de 83 600 € hors taxes.
Pour quel profil ?
- freelance autonome ;
- activité avec peu de frais ;
- chiffre d’affaires encore limité ;
- volonté de conserver directement toute la relation client ;
- capacité à gérer les obligations administratives de base.
Solution 3 : tester son projet dans une couveuse d’entreprise
Qu’est-ce qu’une couveuse ?
Les premières couveuses d’entreprise sont apparues vers la fin des années 90. Maintenant, ces structures facilitent le test d’une activité en conditions réelles grâce à un contrat d’appui au projet d’entreprise, ou Cape. Le contrat dure 12 mois, il est renouvelable deux fois.
La couveuse fournit une existence juridique. L’entrepreneur peut alors vendre et facturer, tout en bénéficiant d’un accompagnement à la création et à la gestion.
Ce que permet le Cape
Intégrer une couveuse constitue un énorme plus.
L’entrepreneur peut :
- tester la viabilité économique de son projet ;
- bénéficier d’un accompagnement ;
- utiliser les moyens mis à disposition par la structure ;
- facturer dans un cadre défini ;
- conserver une protection sociale selon sa situation.
Les profils concernés
La couveuse s’adresse notamment :
- aux demandeurs d’emploi ;
- aux bénéficiaires de certains minima sociaux ;
- aux salariés à temps partiel ;
- aux porteurs d’un projet encore en phase de validation.
Elle n’est pas accessible dans les mêmes conditions à tous les profils, notamment aux salariés à temps plein. Ils doivent négocier un mi-temps ou un congé pour création d’entreprise.
Avantages et limites
Avantages :
Les couveuses s’appuient sur une équipe compétente et la capitalisation des expériences. Rejoindre une telle structure garantit des avantages variés :
- accompagnement structuré ;
- test en conditions réelles ;
- formation à la gestion ;
- réseau professionnel ;
- possibilité de facturer.
Limites :
Les participants ont identifié quelques limites :
- sélection sur dossier ;
- activités parfois exclues ;
- accompagnement limité dans le temps ;
- contribution prélevée sur le chiffre d’affaires ;
- autonomie encadrée par la structure.
Surmonter ces soucis contribue au succès du projet.
Solution 4 : rejoindre une coopérative d’activité et d’emploi
Comment fonctionne une CAE ?
La coopérative d’activité et d’emploi est une entreprise partagée. L’entrepreneur teste son projet en toute sécurité et bénéficie d’un accompagnement. Il signe un contrat d’entrepreneur salarié associé lorsque son activité est rentable. Il utilise alors le numéro Siret de la coopérative pour facturer ses clients.
Les avantages
Rejoindre une CAE multiplie les opportunités :
- accompagnement ;
- services comptables mutualisés ;
- facturation par la coopérative ;
- cadre collectif ;
- protection sociale ;
- possibilité de devenir associé ;
- échanges avec d’autres entrepreneurs.
Les limites
Devenir membre d’une CAE représente un défi :
- procédure d’admission ;
- fonctionnement collectif à accepter ;
- activité soumise aux règles de la coopérative ;
- contribution prélevée sur le chiffre d’affaires ;
- décision à prendre au terme de la période d’accompagnement.
Pour quel profil ?
La CAE est destinée aux entrepreneurs qui détestent avancer seul :
- freelance recherchant un cadre collectif ;
- personne peu à l’aise avec l’isolement ;
- porteur de projet souhaitant être accompagné ;
- professionnel qui envisage une activité durable sans créer immédiatement sa propre structure.
Solution 5 : utiliser le portage salarial lorsque l’activité s’y prête
Le portage salarial existe depuis plus de 30 ans. Plusieurs entrepreneurs ont choisi cette option.
Dans quels cas le portage salarial est-il pertinent ?
Le portage salarial est pertinent lorsque le porté :
- réalise une prestation intellectuelle pour une entreprise ;
- souhaite une autonomie dans la recherche des missions ;
- atteint un chiffre d’affaires suffisant pour respecter les conditions du portage ;
- accepte le statut de salarié porté ;
- a besoin de déléguer la gestion administrative.
Pourquoi le différencier du portage entrepreneurial ?
Cet article détaille le fonctionnement du portage salarial : « Comprendre le portage salarial ».
Il précise :
- la relation tripartite ;
- le contrat de travail ;
- les acteurs ;
- les étapes ;
- les obligations réglementaires.
Tableau comparatif des solutions
|
Solution |
Création personnelle |
Facturation |
Accompagnement |
Charges déductibles |
Profil adapté |
|---|---|---|---|---|---|
|
Portage entrepreneurial |
Pas de société personnelle |
Structure de portage |
Selon l’offre |
Selon le contrat |
Freelance avec des clients |
|
Micro-entreprise |
Entreprise individuelle |
Par le freelance |
Non automatique |
Non au réel |
Activité simple avec peu de frais |
|
Couveuse |
Pas immédiatement |
Via la couveuse |
Important |
Selon le dispositif |
Projet encore à valider |
|
CAE |
Pas immédiatement |
Via la coopérative |
Important |
Selon les règles de la CAE |
Entrepreneur recherchant un collectif |
|
Portage salarial |
Pas de société personnelle |
Société de portage |
Variable |
Selon les règles applicables |
Consultant B2B autonome |
Les garanties, frais et activités acceptées varient selon les structures. Prenez le temps de clarifier les conditions contractuelles avant de s’engager.
Comment tester son activité en 30 jours ?
Suivre un calendrier précis favorise la concentration.
Semaine 1 : définir une offre simple
Formuler une offre pertinente et attractive est primordial :
- sélectionner une compétence ;
- choisir une cible ;
- formuler une promesse ;
- créer une prestation clairement délimitée ;
- fixer un prix test.
Semaine 2 : confronter l’offre au marché
Cette étape vérifie la réaction des cibles :
- contacter dix prospects ;
- organiser quelques entretiens ;
- recueillir les objections ;
- vérifier le vocabulaire utilisé par les clients ;
- ajuster l’offre.
Semaine 3 : proposer une première mission
Vérifier les détails avant de finaliser le document :
- rédiger une proposition ;
- définir les livrables ;
- préciser le calendrier ;
- formaliser le prix ;
- choisir le cadre juridique ou la structure de portage.
Semaine 4 : analyser les résultats
Mesurer :
- nombre de prospects contactés ;
- taux de réponse ;
- propositions envoyées ;
- missions signées ;
- chiffre d’affaires potentiel ;
- temps de production ;
- marge estimée ;
- satisfaction personnelle.
Un test réussi n’est pas forcément une activité rentable
Une mission peut valider l’intérêt d’un client sans démontrer que l’activité sera suffisamment régulière ou rentable sur toute une année.
Comment choisir la bonne solution pour tester son activité ?
La réponse à ces questions facilite la comparaison et affine le choix.
Ai-je déjà un client prêt à signer ?
- Oui : portage ou micro-entreprise envisageables.
- Non : couveuse ou accompagnement entrepreneurial potentiellement plus pertinent.
Mon activité génère-t-elle beaucoup de frais ?
Comparer les dépenses :
- matériel ;
- logiciels ;
- déplacement ;
- sous-traitance ;
- local ;
- communication ;
- formation.
Rejoindre une couveuse ou une CAE limite les dépenses, même s’il faut participer aux frais de la structure.
Ai-je besoin d’accompagnement ?
- autonomie forte : micro-entreprise ;
- accompagnement intensif : couveuse ou CAE ;
- gestion administrative déléguée : portage.
Mon activité est-elle régulière ?
- mission unique ;
- activité occasionnelle ;
- complément de revenu ;
- activité saisonnière ;
- lancement à temps plein.
Toutes les solutions conviennent à une activité régulière. Il vaut mieux rejoindre une couveuse ou une CAE en cas d’activité occasionnelle. L’accompagnement étoffe le réseau et multiplie les opportunités.
Quelle protection sociale est-ce que je recherche ?
La comparaison s’articule autour de ces 6 points :
- maladie ;
- accident ;
- prévoyance ;
- retraite ;
- assurance chômage ;
- responsabilité civile professionnelle.
Le statut de micro-entreprise ne garantit pas une couverture sociale complète.
Le portage, la couveuse et la coopérative d’activité et d’emploi garantissent une meilleure couverture sociale.
Tableau comparatif de la couverture sociale
|
Risque / Prestation |
Portage Salarial |
Coopérative d’Activité et d’Emploi (CAE) |
Couveuse d’Entreprise |
Portage Entrepreneurial |
Micro-entreprise |
|---|---|---|---|---|---|
|
Statut du professionnel |
Salarié porté |
Entrepreneur salarié |
Entrepreneur à l’essai |
Assimilé salarié / Indépendant |
Travailleur non-salarié |
|
Régime social |
Régime Général |
Régime Général |
Régime Général |
Régime Général |
Sécurité Sociale des Indépendants |
|
Assurance Chômage |
Oui |
Oui |
Non |
Non |
Non |
|
Accidents du Travail / MP |
Oui |
Oui |
Oui |
Non |
Non |
|
Indemnités Maladie / Maternité |
Élevées |
Élevées |
Moyennes / Élevées |
Variables |
Faibles / Variables |
|
Retraite (Base & Complémentaire) |
Maximale |
Maximale |
Proportionnelle aux rétributions versées |
Proportionnelle aux salaires versés |
Minime / Limitée |
|
Mutuelle d’entreprise |
Obligatoire (Fournie par la société) |
Obligatoire (Fournie par la CAE) |
Non (Mutuelle personnelle requise) |
Non (Contrat individuel à souscrire) |
Non (Mutuelle personnelle requise) |
|
Coût moyen des charges |
~45% à 50% du CA (Cotisations élevées) |
~45% à 50% du CA (+ participation coopérative) |
Prélèvement de frais de gestion uniquement (~10%) |
~30% à 40% (Pas de cotisation chômage) |
12% à 21% du CA (Charges très réduites) |
| Souscrire à une assurance responsabilité civile professionnelle
|
Non |
Non |
Non |
Non |
Selon l’activité |
Quand faut-il finalement créer sa propre société ?
Ces signaux confirment la croissance de l’activité :
- chiffre d’affaires régulier ;
- visibilité commerciale suffisante ;
- frais professionnels élevés.
Les défis et les besoins évoluent :
- constituer une équipe ;
- trouver un associé ;
- réaliser un investissement important ;
- nécessité de laisser de la trésorerie dans l’activité ;
- clients ou investisseurs demandant une structure dédiée ;
- besoin d’une organisation fiscale ou patrimoniale plus personnalisée.
Toutefois, la société n’est pas systématiquement la prochaine étape. Certains freelances peuvent rester durablement en micro-entreprise, en CAE ou dans une forme de portage si celles-ci demeurent adaptées.
Les erreurs à éviter lors du test
Erreur 1 – Attendre d’avoir un statut parfait avant de prospecter
Le statut ne valide pas l’existence d’un marché.
Erreur 2 – Envoyer une facture sans cadre déclaré
Il faut utiliser une entreprise déclarée ou une structure autorisée à porter l’activité.
Erreur 3 – Comparer uniquement les frais de gestion
Il faut également comparer :
- la protection sociale ;
- l’accompagnement ;
- l’assurance ;
- la liberté commerciale ;
- la gestion des frais ;
- les obligations contractuelles.
Erreur 4 – Confondre chiffre d’affaires et revenu disponible
Le montant facturé doit encore financer les frais de gestion, les cotisations, les impôts et les dépenses professionnelles.
Erreur 5 – Créer une société pour une seule mission incertaine
Commencer par vérifier la récurrence du besoin et la capacité à trouver d’autres clients.
Erreur 6 – Croire qu’une structure de portage trouve les clients
Dans la plupart des dispositifs, le freelance doit assurer la prospection et la négociation.
Conclusion
Il est possible de tester une activité freelance sans créer immédiatement une Société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU) ou une Entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL). Le portage entrepreneurial, la micro-entreprise, la couveuse et la coopérative permettent chacun de démarrer dans un cadre différent.
Les avantages varient selon la structure. La possibilité de déléguer la gestion constitue le point fort du portage. La micro-entreprise favorise l’autonomie. La couveuse assure un bon accompagnement et la CAE offre un support collectif.
La meilleure option n’est pas celle qui paraît le plus simple sur le papier, mais celle qui permet de vendre, facturer et mesurer la rentabilité du projet avec un niveau de risque et de gestion acceptable.
FAQ
Peut-on facturer une mission freelance sans créer d’entreprise ?
Oui, en passant par une structure pouvant légalement porter et facturer l’activité, comme une société de portage, une couveuse ou une CAE.
Peut-on devenir freelance sans créer de société ?
Oui. La micro-entreprise est notamment une entreprise individuelle et non une société. Le portage, la couveuse d’entreprise et la coopérative d’activité et d’emploi conviennent aussi aux freelances.
Quelle solution choisir pour une seule mission ?
Comparer le portage, la micro-entreprise et la couveuse selon le montant, les frais, l’activité et les besoins d’accompagnement.
Peut-on tester son activité tout en restant salarié ?
Tester une activité nécessite du temps, les salariés à mi-temps peuvent organiser leur planning en ce sens. Cependant, exercer la même activité que son employeur actuel requiert plus de prudence. En plus d’une éventuelle clause exclusivité incluse dans le contrat, il faut également prendre en compte le devoir de loyauté. Par ailleurs, il est important de vérifier les conditions propres à chaque dispositif.
Quelle différence entre couveuse et portage entrepreneurial ?
La couveuse est principalement un dispositif d’accompagnement et de test du projet, tandis que le portage entrepreneurial vise surtout à déléguer la gestion et la facturation d’une activité autonome.
Quelle différence entre portage salarial et portage entrepreneurial ?
Le portage salarial repose sur une relation tripartite et un contrat de travail. Le fonctionnement contractuel du portage entrepreneurial est différent, l’entrepreneur accorde un mandat à la société de portage, il dispose de plus d’autonomie.
La micro-entreprise permet-elle de déduire ses frais professionnels ?
Non, les dépenses réelles ne sont pas déduites une par une dans le régime micro-fiscal ; l’administration applique un abattement forfaitaire.
Quand créer une SASU ou une EURL ?
Lorsque l’activité devient régulière, génère des frais importants, nécessite des investissements, un associé, du personnel ou une organisation plus personnalisée.

